En Turquie !

Combien de voyageurs rencontrés au hasard de la route nous ont vanté les charmes de la Turquie, Sublime porte de l’Orient ? Il est temps de plonger dans ce grand pays dont la traversée cycliste nous a enthousiasmé: Istanbul et ses minarets, l’Anatolie et ses caravansérails, la fabuleuse Cappadoce, l’inconnue chaîne Pontique et l’incontestable hospitalité des Turcs.

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Parvenus du Bulgaristan voisin, nous franchissons la frontière turque près de Kirklareli. Pourtant, au premier coup d’œil, rien n’a changé: mêmes tournesols rabougris, même vent obstiné venu de mer Noire, même goudron fondu dans les grandes plaines de Thrace. Géographiquement, nous sommes toujours en Europe. Nous venons pourtant d’entrer en Orient. Lala Pacha, premier village nous le confirme immédiatement. Les verres de thé traversent la rue à toute vitesse, l’icône d’ « Atatürk » est omniprésente et la radio chante dans des sonorités nouvelles. Nous y sommes ! Un paysan nous entend parler français et descend de son tracteur. Il nous offre spontanément un jus de citron puis nous enseigne quelques mots de langue locale pour débuter. Un autre homme nous charge d’une énorme pastèque. Bienvenue en Turquie !

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Nous traversons maintenant les champs de blé fauchés et les bosquets de chênes verts. De petits bourgs jalonnent les pistes et autres chemins de traverse. On s’active aux champs, les machines agricoles sont de sortie et la fête prochaine de Kurban ramène tout les béliers sur les routes. Bosselée et venteuse, cette région à l’ouest d’Istanbul nous coûte en énergie mais nous enseigne le savoir-voyager à la turque. Olives, fromage frais, pain de campagne et… çay, l’incontournable thé offert au voyageur de passage. Ce thé rude est bu en terrasse par ces messieurs. La présence de Mylène les interpellent un instant puis les voila qui repartent dans une partie de tavla (Backgammon) silencieuse entre sexagénaires avertis.

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Un soir sans lune, nous atterrissons harassés par les mouches dans un bois de bord de route. A peine le temps de monter la tente que des coups de feu résonnent dans le noir de la forêt et les balles sifflent au dessus de nos oreilles. Accroupis, nous laissons un quart d’heure passer et décidons de ne pas utiliser nos frontales pour la nuit. Si nous savons être discrets, nous espérons aussi que cette mésaventure sera la dernière. Nous apprendrons plus tard que l’ouverture de la chasse est l’occasion pour beaucoup d’aller tester leurs fusils dans les bois où nous plantons habituellement la tente…

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La mer Noire souffle sur nous comme si elle voulait nous retenir dans les Balkans. Nous sommes pourtant à quelques encablures des premières banlieues d’une mégalopole de 18 millions d’habitants. Une journée entière de vélo sera nécessaire pour entrer dans la ville. Échangeurs gigantesques, bretelles d’accès et de sortie tout azimuts, ralentisseurs-surprise, ronds-points à double sens, la circulation est incroyablement dense. Camions, usines, trams, klaxons, nous sommes dans le brouillard des gaz d’échappement, l’horizon est hérissé de tours immenses, le bruit ambiant est assourdissant.

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Nous longeons les remparts de la vieille Constantinople et rencontrons Jérôme, français en voyage cycliste vers le Népal. Alors que nous papotons sur le bas-coté, il manque de peu de se faire percuter par un bolide. Le lendemain est l’occasion de boire une bière et de revoir « Jérôme-le-miraculé ». Il nous emmène sur une terrasse en hauteur, près de la tour Galata, dans le quartier génois. C’est la première fois que nous apercevons Istanbul.

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Combien de mosquées ? Combien de chats ? Combien de kebab ? Combien de bazars ? Combien de vapur ? Combien… faudrait-il d’articles pour décrire Istanbul ? Nous avons eu du mal à y parvenir, nous aurons du mal à la quitter ! Des jupes mi-cuisses et de belles chevelures soyeuses et libérées. Des voiles noirs et de longues barbes blanches, nous sommes dans une ville où tout les courants de l’islam se côtoient. Une grande partie des habitants a quitté la ville pour célébrer en famille la fête du sacrifice. Istanbul est vide, nous dit-on. Vide ? La foule est partout ! De la place Taksim, hautement symbolique pour les défenseurs de la laïcité, aux parvis des grands palais de l’empire ottoman, il y a du monde partout. La cité est très grouillante et toujours animée. Une après-midi à déambuler dans le grand bazar et c’est des crampes assurées ! Le bazar égyptien est de toute beauté. Ici se termine la route des épices en une explosion d’ocre, de mauve et de jaune. Muscade, coriandre, thym, girofle, basilique, poivre, sel rose et safran, jalousement gardé. Babouches multicolores, joailleries scintillantes et tissus précieux: pour sentir et ressentir cette ambiance propre aux bazars stambouliotes, il faudra vous y rendre.

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Comme nous sommes curieux, nous visitons la grande mosquée Suleymanie, contiguë à la tombe grandiose de Soliman-le-Magnifique, « ombre de Dieu sur Terre ». Mimar Sinan, né chrétien et passé au service des sultans, a dirigé la construction de nombre d’édifices de la ville. Sa réalisation est parfaite, les lignes sont d’une finesse impeccable. Un joyau. La mosquée bleue (Sultanhamet) faisant peau neuve, nous découvrons l’ancienne basilique sainte-Sophie, convertie en mosquée Aya Sofia, puis en musée pour tous. 1500 ans d’Histoire au dessus de nos têtes. Du fast de Byzance à la musulmane Istanbul, sainte-Sophie garde toute sa splendeur. Les habituelles figures du christianisme orthodoxe côtoient l’or des calligraphies islamiques. Que de bon voisinage (…).

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Nous jetons un coup d’œil à d’autres édifices moins connus comme par exemple les scintillantes et fascinantes mosaïques sauvegardées de l’église St-Sauveur-in-Chora. Dehors, le Bosphore nous sépare encore de la rive asiatique. Les pécheurs à la ligne n’hésitent pas à lancer leur bouchons près des traversiers qui sillonnent le détroit de long en large. Les cargos russes, à grand coup de corne de brume, se frayent un passage dans le chenal étroit. Les mouettes déchirent le ciel et un million de chats se faufilent dans les ruelles, sur les toits, les étales et les quais. Le soleil se couche quand le chant du muezzin résonne dans toute la ville.

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Le soir, les boulevards sont un spectacle de coquetterie. Les filles usent avec malice de la soie pour suggérer avec délicatesse les courbes que la tradition ne veut pas voir. L’Orient ne laisse pas de place aux impudiques boxers d’occidentales. D’ailleurs, une élégance certaine habille la plupart des femmes du pays. Les ponts sont pris d’assaut par les touristes en quête du cliché inédit, les restaurants de fruits de mer sont complet et les glaciers sont légions. Ici on chante, ici on danse, là-bas on peint et on fume le narguilé. Des amoureux flânent sur les promenades de la Corne d’Or et les petits lampions éclairent les terrasses riantes des nuits d’Istanbul.

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Pour s’éviter une sortie de ville aussi pénible et périlleuse que l’entrée, nous embarquons sur un ferry de la petite mer de Marmara. Au large des Dardanelles, nous voyons s’éloigner l’immense cité deux fois millénaire. Une heure plus tard, nous débarquons à Yalova. Nous sommes en Asie ! Mais avant de croiser notre premier chapeau chinois, il va falloir pédaler plein Est. Nos premiers tours de roue ne sont pas les plus faciles. La raideur des pentes permettant l’accès au plateau d’Anatolie centrale est effrayante. Déclivité de 10 puis de 15 % sur la route, 35 C° dans l’air. Il faut nous faire violence pour accéder aux platitudes de l’intérieur. Le lac d’Iznik, bordé de champs d’oliviers à perte de vue nous concède pourtant un court répit.

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Nous désertons souvent les grandes routes trop fréquentées mais nous devons nous rendre à l’évidence qu’en Turquie, il faudra s’en accommoder. Le pays est vaste et les routes de campagnes tournicotent en tout sens. Deux jours à louvoyer dans des dédales de collines arides et nous choisissons d’embrayer sur… autoroute ! Des voitures de police nous regardent passer sans mot dire, et pour cause, elle sont en carton ! Dans l’immensité du plateau, nous roulons couramment pendant 90 kilomètres. Les campagnes sont vides. Peu de villages, les rares encore en vie agonisent doucement autour du bar à thé et de la mosquée. Peu de bétail, peu d’enfants. L’exode rurale est à l’œuvre, comme en France il y a 50 ans.

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Nous parvenons à Eskishehir, plutôt moderne. Nous y trouvons internet, des glaces à la fraise et de l’huile pour les chaînes des vélos. Il fait toujours aussi chaud ! Nous reprenons l’(auto)route et nos habitudes de vagabonds. Comme les camionneurs et les chiens de talus, nous dormons souvent derrière les stations-service. Le thé est partout et nous est offert aux péages, chez le marchand de vélo, chez le pompiste. Le paysage est devenu très sec et nous commençons à surveiller nos gourdes. Des campements sommaires ponctuent notre passage. Fuyant la guerre et les barbares, des milliers de syriens s’entassent dans des bidonvilles misérables en périphérie des villes. Ils ne parlent pas turc ni ne l’écrivent. Ils campent parfois dans les champs d’oignons pour lesquels ils sont employés au ramassage aux plus chaudes heures de la journée. Les gamins gambergent en bord de route et tentent au passage de nous arracher une sacoche.

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Après Sivrinhisar, nous quittons l’autoroute pour entamer une partie plus sympathique. Nous sommes de retour dans le monde pastoral et dans celui des… chiens de berger: des monstres ! Collier de pique, plus d’un mètre au garrot, ces cerbères gardent farouchement les brebis. Nous devons mettre pied à terre et nous munir d’une volée de cailloux, dos à dos, afin de repousser leurs assauts. Enfin, au soleil couchant, nous demandons de l’eau. La famille qui nous reçoit humblement nous offrira le repas et nous confira la maison. Leurs voisins nous gâteront d’un copieux petit-déjeuner. Nous baragouinons rapidement quelques mots pour nous faire comprendre et l’entourage apprécie. Les villages du centre de la Turquie sont paisibles et nous y trouvons l’hospitalité sans la rechercher vraiment. Le Turc est curieux et tolérant, veut comprendre les raisons de notre voyage et donne sans attente en retour. On nous fait visiter le village, on va voir l’imam entre deux prières, on remplit nos sacoches de victuailles et… güle-güle, au revoir !

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Un matin, nous atterrissons dans la mystérieuse plaine salée de Tuz Gülu, au centre du pays. Le sol blanc et craquelé se perd dans l’infini de l’horizon. Nos vélos sont au régime sans sel depuis la Bolivie et nous préférons arpenter ce salar en mettant seulement un pied devant l’autre. Des tonnes de sel y sont extraites. Sur les bords de ce désert blanc, s’accumulent des monticules immaculés de dix mètres de haut. Nous gagnons Aksarai par vent de dos et la fraîcheur d’un bon ayran, verre de lait cru et salé, forcement !

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Les peupliers jaunissant de fin d’été n’en finissent plus de laisser s’échapper leurs feuilles quand nous approchons la Cappadoce. Nous aurions pu longer avec pragmatisme la mer Noire mais nous avons préféré faire un (gros) crochet par ce coin unique. Nous sommes récompensés de nos efforts quand nous découvrons la cathédrale de Selim, montagne-gruyere géante ! Un labyrinthe dans la pierre. Toute proche, la vallée d’Ilhara nous accorde dans la clandestinité une nuit troglodyte dans une ancienne église endormie au cœur de la pierre. Fabuleuse nuit, doux réveil dans le roucoulement des colombes.

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Les hommes ont creusé il y a plusieurs millénaires (époque Hittite) des greniers, des chambres, des alcôves, des couloirs et des lieux de culte dans la crainte des invasions. Ils s’y cachaient et vivaient dans la roche. Des siècles plus tard, le spectacle de ces monticules triangulaires percés par la main de l’Homme est toujours aussi surprenant. Les cheminées de fée sont innombrables et seul un problème mécanique nous fait temporairement obliquer le regard vers autre chose que la splendeur de la Cappadoce. A Göreme, entre les châteaux d’Uschizar et la vallée rose, nous sommes invités par un couple franco-canadien ( à voir : Le Temps Courbe ) à partager la mème « maison-troglo » pour la nuit ! Une expérience inoubliable tant la beauté du milieu est singulière.

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Au petit matin, un autre spectacle, tout aussi fascinant, se déploie devant nos yeux ébahis. Une cinquantaine de montgolfières montent doucement dans l’or du soleil levant. Au dessus des dentelles de roche, les ballons s’allument et s’éteignent de concert. Les pilotes de ces engins volant identifiés rivalisent d’adresse en effleurant les pics piégeux de la région. Bientôt, les ballons constellent tout l’azur pâle de la Cappadoce. La rêverie dure plus d’une heure et son souvenir restera gravé pour longtemps dans nos mémoires.

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KM 46 500, le moyeu de roue avant de Thibaut capitule, définitivement. Nous devons réparer, mais où ? Le registre des commerçants du coin se situe plutôt dans la poterie que dans la quincaillerie, nous n’avons pas d’autres choix que de grimper dans un bus pour Kayseri, distante d’une soixantaine de kilomètres. Quand nous débarquons en ville, un vent fou venu des hauteurs du volcan Erciyes agite les boulevards. Portant un vélo devenu paralysé, nous gagnons enfin le premier magasin providentiel. Pas de pièce disponible… Tentons chez cet autre: pas de pièce disponible… Ce dernier vendra peut-être la pièce tant recherchée ? Pas de pièce disponible… De plus, les tailles de roues européennes ne sont pas courantes en Turquie. C’est à ce moment qu’un simple curieux (encore un ! ) décide de nous demander de quel pays nous venons. Thibaut explose :

– « Qu’est-ce que ça peut te foutre de quel pays je viens ? Je suis de la même planète que toi ! Mon vélo est en vrac, je suis dans la merde, je comprend rien au langage… et toi tu me demandes ma nationalité ? ».

Témoin de ce dérapage (in)contrôlé, Kemal nous approche avec plus de douceur et nous offre son aide. Il n’en revient pas que les magasins de la ville ne disposent pas de la pièce espérée. « Retournons les voir, laissez moi parler et nous trouverons ». Et il trouve le moyeu de 32 rayons pour jante de 28’ équipée frein à disque. Un sauveur ce Kemal ! Un mécano aux mains d’or remonte le système et voila le vélo reparti pour 45 000 bornes, « si Dieu permet », nous dit-il. En attendant, notre ami offre le thé en terrasse et disparaît aussi vite qu’il est apparu en nous souhaitant bon voyage. Formidable rencontre !

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Relancés, lavés, rassasiés, nous nous élançons dans la direction de Sivas. Le vent, fourbe de vent, est maintenant de face. Après 60 km de calvaire, nous faisons halte près de la mosquée de Sultanhani pour remplir nos gourdes au robinet d’ablution. Un homme du village nous indique que si nous sommes fatigués ( cela se voit-il tant que ça ? ), nous pouvons bivouaquer dans le jardin de la mosquée. Nous installons donc la tente sous les sapins et nous endormons dans les psalmodies coraniques, y compris celle de 4 heures du matin. Mais qui voyage en Orient s’habitue vite à la prière de l’aube.

Le lendemain, nous découvrons le caravansérail du petit village, histoire de rappeler que nous sommes sur la route de la soie. Ces lieux servaient de refuge pendant la nuit aux caravaniers venus parfois de Chine. L’édifice entouré d’un mur d’enceinte est impressionnant. La cour carrée intérieure est attenante au hammam, à l’armurerie, au blutoirs et aux chemins de ronde. Une autre salle, plus grande, servait de réfectoire. Autres temps, autre architecture. Dans mille ans, ce superbe caravansérail sera encore debout. Qu’en sera t-il des constructions d’aujourd’hui ?

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Autour du thé, nous rencontrons un franco-turc qui nous invite instantanément dans sa famille. Une maisonnette propre, des murs en pisé, ici on vit simplement mais sainement. Pour preuve, le fils de 40 ans n’ose pas fumer devant son père ! L’accueil est chaleureux ! Nous sommes surpris de voir la vigne manger la totalité de la pergola en courette. Du vin ? Non, mais un sirop extra-sucré au parfum exquis appelé pekmez. Sans alcool, évidemment… Nous les quittons non sans pincement, Mylène étant gratifiée d’un joli collier offert pour voyager loin du mauvais œil !

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Le mème jour, à Karagöl, un père de famille nous accoste à la fontaine du village. Invitation au café, douche chaude incluse ! Ce soir, c’est réunion de famille et surprise, il y a de parfaits francophones à table ! Plus facile pour expliquer notre aventure, plus commode pour comprendre cette famille à cheval entre la douceur angevine et ce petit village turc. Les invités nous préviennent de l’arrivée de l’hiver et nous questionnent sur notre périple. De succulents plats sont servis et nous nous régalons de baklava, un délice ! Diabétiques, s’abstenir… Une chambre est mise à notre disposition. Quel accueil ! Le lendemain, nous marchons dans les ruelles et entrons dans une boulangerie peu commune. On y fabrique le pide, pain croustillant, cuit au feu de bois et allongé à la main, celles des femmes, cela va sans dire.

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Plus d’un mois dans le pays et nous entamons une partie plus montagneuse. Nous approchons la chaîne Pontique, longeant la mer Noire en une succession de vallées parallèles dont la principale est parcourue par les flots tumultueux de la rivière Coruh. Depuis le temps que nous l’avons en ligne de mire, nous sommes émoussés mais ravis d’atteindre Bayburt et son impressionnant château-fort, encore presque intact. A partir d’ici, nous pensions descendre jusqu’ en mer Noire sans mettre un coup de pédale. Que de naïveté ! 250 km de montagnes turques à travers les paysages tantôt déchiquetés tantôt arrondis par tout les vents ! Des vallées d’abricotiers aux cols glacials de Yusufeli, l’Homme tient à y mettre son grain de sel en y ajoutant une centaine de tunnels, heureusement éclairés. Entre deux vallons où poussent de vieux noisetiers, nous faisons halte sous les oliviers savamment étagés sur les flancs de montagne sèche. La région est vide et les villages traversés nous semblent un poil plus conservateurs que ceux de l’ouest. Cela n’empêchera pas la rencontre fortuite autour d’un thé ou d’une invitation à partager le repas en famille. Alors que nous campons près d’une berge, nous sommes subitement réveillés par une alarme sonore. Il s’agit du signal prévenant des montées d’eau provoquées par le barrage en amont. Nous sommes quitte pour aller dormir plus haut au cours des nuits prochaines !

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La présence de l’armée sur les routes et dans le ciel témoigne de la proximité des zones habitées par les Kurdes, vivant dans les confins orientaux du pays. Sous un ciel toujours aussi bleu et clément, nous finissons enfin par nous faufiler dans la brèche d’Artvin, tant attendue. Nous sommes agréablement surpris de constater que les nuées humides de la mer toute proche permettent le développement de la culture du thé. C’est donc à flanc de montagne que poussent les petites feuilles vertes que cueillent patiemment les petites mains délicates de ces dames ! Elles disposent aussi de ciseaux, mais c’est moins romantique. Nous assistons, apaisés et heureux, à ce spectacle des plus raffinés que celui de la cueillette du thé pour notre dernier jour en Turquie. Incroyable mais vrai, des bananiers ornent les ruelles de la modeste Hopa quand pour la première fois nous touchons au but: les eaux (chaudes) de la mer Noire.

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Cet article fut volontairement long, vous l’avez remarqué… Si vous en êtes déjà arrivés jusqu’ici, nous vous adressons nos félicitations ! Pour la Turquie, on a mis le paquet car c’est un pays magnifique. Les Turcs nous ont accueillis avec une grande hospitalité, qui leur fait honneur. Ils n’ont pas manqué à leur réputation ! Pour le cyclo-voyageur, la Turquie est un cadeau. Elle valait bien quelques lignes de plus…

Place maintenant aux pays du Caucase, aux chemins de chèvres escarpés, aux soirées arrosées, aux monastères haut perchés et à la gentillesse des géorgiens et des arméniens rencontrés !

Et qu’on se le dise : l’Aventure continue…

« Soyez le changement que vous souhaitez voir dans le monde ! »

Gandhi

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6 réflexions sur “En Turquie !

  1. 140 pages de lecture pour le book sans photo et près de 500 pages pour votre livre d’aventures . Certains attendent avec impatience leur parution . Les deux ouvrages prennent forme et ils sont agréables à lire. Je vais vous renvoyer les 20 questions pour une mise à jour. Encore merci

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  2. Merci et encore merci de nous faire partager cette aventure, votre vie et quelle vie, pleine de richesses!! Je comprend mieux votre envie de continuer et de parcourir le monde, n’en déplaise à certains. Je suis très fière de vous et de ce que vous m’apporter( même si des fois , le moral n’est pas toujours au beau fixe par l’attente de vos nouvelles)
    Continuez votre aventure…
    Je vous embrasse fort

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  3. Très belle et heureuse Année
    Tous nos bons voeux dans votre belle réalisation. …..Je pédale 🚳mais non !
    VOUS PÉDALEZ c est mieux🚴🚴
    Bises et champagne à votre santé

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