En el corazón de España !

 » Feliz Navidad !  » Partout ce Feliz Navidad, traduction version radio latina de joyeux Noël, ou transcription plus triviale : bonne Nativité… Bref, on y est, on est en plein dedans, le père Noël nous croisant au moins 157 fois dans cette Espagne attendant le 24 décembre avec religiosité et une ferveur toute… publicitaire. Et on se dit, un peu facilement certes, qu’il faut bien un Noël aux Espagnols rencontrés au hasard de notre route pour égayer un tantinet notre traversée de la péninsule tant notre parcours dans les campagnes d’outre-Pyrénées sembla un peu terne et distante. Explications ? C’est parti, ça se passe en dessous!

Nous dégringolions à toute berzingue entre les zébras et les feux oranges très murs (si ma mère me voyait !) franchissant la rivière Bidasoa séparant le royaume ibérique de notre république tricolore quand d’un seul coup, et sans prévenir : un ours… Non ! Un petit homme en uniforme de police traverse ma trajectoire de coursier,  douanes françaises remises en service pour les circonstances que l’on connait… Et voilà comment on quitte le bercail pour 2ans et demi sur les routes du monde : sur un pont et sans un mot. Nous on avait bien envie d’en parler pourtant. Mais St Sébastien, patron des archers  (il faut le savoir !) nous attend déjà au fond de sa côte basque, inaugurant pour nous ses « pinxos »  et  tout premiers tapas de notre odyssée espagnole. Oups, pardon, Basque…

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Le pays basque espagnol, parlons en justement: des panneaux d’indications incompréhensibles pour les franchouillards que nous sommes, des noms de villages qu’un siberien trouvera à son goût sans dépaysement, et des montagnes, des montagnes, des montagnes… Mais la douceur du climat associée à de splendides paysages puis la rencontre d’un cycliste basque au vélo de 7 kg (si si, ça existe, on l’a vu !) tombant à pic nous permis de franchir le col séparant la Navarre du reste de la France sans trop de pépins mais moyennant une bonne suée tout de même! Brève incursion au pays du grand, que dis-je, de l’immense Miguel Indurain pour foncer vers la capitale du Pais Vasco, même si la langue s’y est perdue au profit du castillan, j’ai nommé la ville de Vitoria-Gasteiz aplatie dans une plaine toute grisouille,  trois jours d’Espagne dans les pattes et 1200 KLM au compteur depuis Paname. Fin de la tirade de 4 lignes, ça c’était pour le pays basque…espagnol.

On comptait donc trouver quelques contemporains du vieux Iglesias en Castille et León. Bon, moi j’ai toujours pas compris le coup du León dans l’appellation de la province, mais bon on y va et on y va hardi, comme disent les (très) anciens. Paraitrai même qu’il y a une ville qui s’appelle León, ou une voiture, bref…on y va!  Route plus roulante tu meurs, un billard nous mènent à Burgos où miracle, je le rappelle à nos lecteurs, nous voyageons dans la catholisante Espagne de 2015, nous rencontrons devinez quoi et je vous le donne en 100, en 1000 même: des espagnols, qui causent espagnol en plus! Oui parce que au pays basque, on a tenté 2 ou 3 « Buenos Dias » et bien figurez vous qu’on vous répond du bout des lèvres, oui madame !

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Donc on arrive à Burgos, un peu industrieuse au début et puis un cœur de ville tout mignon, briqué, époque âge d’or espagnol. Une merveille de cathédrale mais chère l’entrée, les marchands du temple n’y vont pas de main molle, nom de D…!

Burgos ? A voir ! On regrette presque de ne pas y passer plus de temps quand nous rencontrons, forcément car la ville est installée sur les chemins de Compostelle, notre pèlerin du jour en la personne d’un bien modeste polonais si proche de Santiago, Saint des saints du pays, nous retraçant son itinéraire depuis Cracovie. Et on dit qu’on est cinglés! À croiser ses coquilles un peu partout dans le nord de l’Espagne et ses marcheurs d’une autre époque, on se dit au moins qu’on est pas tout seuls. On trouve ca beau, joli geste les cathos.

Un vent mauvais nous fait alors louvoyer vers le centre pour nous diriger plus vers Madrid que vers Salamanque. Adaptation aux contraintes extérieures. On roule, on roule et puis plus rien. Enfin si : des cailloux et des corbeaux. Ah il est loin le cliché de la midinette espagnole brûlante à la diction suave se trémoussant sur une plage d’Almería! Tout juste quelques vieilles âmes grognant un « buenas tardes » poussif sur fond de rio asséché sous un vent de cinq degré. On aime.

On abuse un peu, on a fait effectivement une bonne rencontre : du vin. Des hectares de vignes, ceux de la région de Roa. Costaud le pinard, du genre qu’a vu le soleil 300 jours par an. Amplement suffisant pour confondre les piquets de tente ave le trépied de l’appareil photo… On continue sur la route de Ségovie que nous atteignons un soir sans lune mais ce n’est pas trop grave parce qu’on a des frontales de l’espace et des « gilets à éblouir » comme disent les marocains. Autre merveille que Ségovie, mélange des styles gothique flamboyant et islamique moyenâgeux, coquette cité médiévale et son Alcazar restauré en guise de proue de ce navire de pierre fièrement installé sur son éperon rocheux. Amis de la poésie bonsoir.

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Oui mais voilà, pour aller à Madrid, faut faire de la varap…en vélo. De l’escalade sur 2 roues. La difficulté porte un nom: La montagne de Guadarrama. Et un col, el puerto de Navaccerada. Près de 2000metres d’altitude, point culminant de ce Paris-Dakar cycliste. Même que j’ai bien failli claqué ma bouteille d’oxygène au sommet alors que Mylène caracole en tête du prix du meilleur grimpeur. Désopilant.  Descente à fond la caisse pour rejoindre une Madrid enchantée par la préparation de Noël. Plein de monde cette fois-ci et d’ailleurs ça fait bizarre après la Castille tout se monde sur Gran Via. Les ramblas sont bondées, ça chante, ça sirote des sangrias, ça sourire un peu plus. On nous avait décrit une ville sans plus mais nous on a bien aimé et puis c’est tout. Colorée, animée, chocolate con churros oblige. On reviendra !

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C’était sans compter sur Tolède. Après une journée de vélo, trouver la porte d’entrée de la Mancha enserrée dans ses belles murailles de lumière, on se dit: voilà ce pourquoi on voyage. LA ville espagnole. Une Cathédrale grandiose, un patrimoine maure sauvegardé, un ancien quartier juif propret et accueillant, et les très  vieilles pierres font le reste du spectacle. Par contre, on recommence de perdre les espagnols de vue. Mais où sont-ils ?!?!

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Pas dans la Mancha, où nouvelle Castille, ça fait mieux. Personne. Même les vieux ont foutu le camp. Une vache par ci par là. Un désert, des montées sèches qui ne laissent nul repit, pas de village. Patrie de Don Quichotte, la Mancha, c’est surtout des lignes droites de 15 bornes bordées de prairies si seches que le diable en personne n’en voudrait pas. Tous jours plus tard, on re-découvre les oiseaux, des ruisseaux, un panneau : bienvenidos en Andalucia. Fin de la traversée du désert ibérique. Il était temps. Et dire qu’on avait prévu de le passer en train…

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S’il fallait parler d’un lieu qui nous a ébloui en Espagne, c’est bien Cordoue. La mauresque, la place forte des califats almohades, nostalgique de son passé islamique tant les signes de cette civilisation ne manquent pas dans la ville close pour sentir que Cordoue, c est le mélange des cultures parfait. Fleurie et biscornue, blanche et orangers, Cordoue sait que sa mosquée-cathédrale fait déplacer des cars entiers de touristes chinois. Et elle le vaut bien. Vous allez en Andalousie et vous n’avez pas vu Cordoue et sa juderia ? Vous n’avez rien vu.

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Nous on est volontiers restés pour 2 raisons. La première c’est qu’on était fin cuits après nôtre périple dans le vent de la Mancha et puis surtout c’est que la roue arrière de Mylène commence à danser le yukulélé, cause de 2 rayons brisés sur des dos d’âne de 30cm de haut. Mais c’est là précisément que la magie du voyage opère puisque que nous avons (enfin) fait une rencontre du troisième type en la personne de Pépé, généreux bavard andalous qui nous mène chez son bricole-tout préféré réparé notre roue en 8!  Et gratis l’affaire! Merci au Ciclos Castillo! En plus on a même gagné le maillot du club!!! Ça remonte un peu le tableau des natifs du coin.

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La fin de notre périple se faufile sur les routes sinueuses des pueblos blancos, ces villages blancs trop souvent perchés à flanc de colline. Bien jolie Andalousie, plus directe, plus sanguine. En parlant de sang, vous l’aurez remarqué, nous n’avons pas trop rodé dans les arènes. Pas notre truc la tauromachie, ca arrive… Ça la fout mal en Espagne. Surtout que je suis né sous le signe du ? Du ? Du taureau. Merci Thibaut. Pas contre on a été très largement arrosés de foot, religion d’État après la religion officielle tant la discipline est suivie, commentée, décryptée. Le sport roi par excellence.

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Et nous voilà arrivés à Tajifa. Le bateau nous attend, on est encore les derniers !

« Mylène, va faire pipi et on embarque. Regarde là-bas sur la mer, cette mince bande de terre, c’est déjà l’Afrique, le Maroc séparé de l’Europe pour 14 km de bras de mer entre Atlantique et Méditerranée. »

Résumé : l’Espagne est belle. Point. Rien à redire la dessus. Des grands espaces de type western, des villes somptueuses, du foot et des taureaux, des tapas à s’en faire sauter les coutures. On a bienfait de passer par l’Espagne. Quant aux espagnols, barrière de la langue à leur décharge, c est vrai qu’on a eu du mal à percé la neige, euh…non la glace ! Un brin distants, toujours polis mais on te laisse te perdre dans la ville sans aide, sans un petit mot… Peu d’encouragements, des gens surpris de nous trouver solos ici au beau milieu de leur vie, au fin fond de provinces rurales recroquevillées sur elles-mêmes. Faut dire qu’on est loin de la côte pour touristes et des plages de Barcelone. Ca surprend un peu 2 grenouilles en vélo : n’est-ce pas des marginaux ????

On aura vu le cœur de l’Espagne. Il est rude et noueux. Vivant mais sauvage. Bien heureusement, les lumières municipales nous ont souhaité 1000 fois une belle chose: Feliz Navidad… C’était Thibaut Chelingue à Casablanca pour radio France bleue Montbéliard, à vous les studios.

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(Prochain post ? Dakar pour février/mars après le grand Désert…)

Bisounet, Mylène mon héroïne de chaque jour,  dort déjà…

2 réflexions sur “En el corazón de España !

  1. Magnifique récit et commentaires ,tu as des talents d’écrivain !on attends le livre ….
    Bravo vous êtes au top tous les deux ……on vous suit tranquillement assis dans notre fauteuil face a notre ordinateur !quel honte au lieu de courir a vos côtés
    ils nous faudraient ENORMEMENT d’ entrainementsssss !!!! Bon vent les jeunes
    A VOUS L AFRIQUE !grosses bises de Paris 15 eme (les amis de tata jacqueline
    qui habitent a côté de la gare mtparnasse )bonne fin d ‘année
    Evelyne et Robert Garcia

    J'aime

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